Les palais Nasrides de l'Alhambra de Grenade
Réalisé par "Fleurs d'Islam".

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Les palais de la dynastie Nasrides (1232-1492) ont fait la réputation mondiale de l'Alhambra. Ils inspirérent de nombreux poètes, en commençant par les poètes arabes, et même après la conquête chrétienne, les nouveaux maîtres des lieux "conservèrent" ces palais pour en faire leurs appartements privés, charmés par la beauté de ces lieux.

Malgré les modifications qui fûrent malgré tout apportées, la négligeance, les pillages et les assaults du temps, nous sont parvenus l'essentiel de leur structure et surtout des décors. Si leur aménagement peut paraitre sobre, il faut savoir que cela constitue l'une des caractéristiques majeures de l'architecture et de l'art de vivre musulman : Grande sobriété des formes et de l'aménagement, foisonnement des détails quant à la décoration.

 La cour des myrtes ou cour de l'Alberca


Crédit photo : N. Ruscon (2001)

Cette cour précède la tour des "Comares", la plus haute tour de l'Alhambra, qui abrite la célèbre grande salle des ambassadeurs, salle du trône de Youssouf Ier (1333-1354).
Elle tient son nom arabe d'"alberca" de son large bassin qui reflète harmonieusement l'architecture des bâtiments qui l'entourent. Ce bassin de forme rectangulaire, de presque 35m de long sur plus de 7m de large et qui occupe une grande partie de la surface de la cour, confère à celle-ci une dimension supérieure. Le système d'alimentation en eau a été étudié afin de composer une surface d'eau lisse comme un miroir, à tel point que les poètes arabes l'évoquèrent comme "la mer".
Son nom de "cour des myrtes" provient des deux haies qui bordent actuellement le bassin. Autrefois, à la place des haies de myrte, l'eau du bassin abreuvait des parterres de fleurs... L 'Alhambra n'est maintenant plus qu'un musée et la beauté certainement supérieure encore des lieux d'autrefois est perdue...

Sur les deux côtés de la cour, le long des haies, des portes richement décorées d'atauriques donnent accès aux appartements du palais. Sur la photo ci-dessus, on constate la présence de mousharabieh à l'étage. Cette partie du palais, orientée vers le Sud, est présentée comme étant l'un des appartements royaux.
Cette cour est donc tout à fait typique du style Nasrides, avec sa cour rectangulaire autour de laquelle se répartissent les appartements, la pièce d'eau centrale, la présence d'un jardin paysagé: formes très sobres, intimismes, mélant les différents éléments naturels et architecturaux.

Sobriété, enchaînement de formes simples et extrême richesse des détails décoratifs confèrent toujours à ces lieux un charme incomparable. La grande qualité de la réalisation, aussi bien au niveau architecturale (pûreté des formes, perfection des voûtes et des systèmes de piliers, etc.) qu'au niveau décoratif (sculpture, composition géométrique, etc.) illustre la maîtrise des techniques de construction des artisans musulmans.


La lumière vient jouer sous ces enchaînements de voutes, au creux de mouqarnas (formes décoratives en nid d'abeille), sur la dentelle de pierre et au travers des mousharabiehs. Les portiques de la cour de l'alberca sont d'ailleurs un exemple de l'architecture des Nasrides : des piliers de marbre d'une grande finesse portant d'élégants chapiteaux à mouqarnas et des décors pûrement décoratifs de stuc finement ciselés.

A une des extrémités de la cour, se trouve la salle des Comares ou salle des ambassadeurs. Cette salle cubique dans laquelle le souverain recevait peut-être les ambassadeurs occupe presque tout le volume de la tour des comares, la plus haute tour de l'Alhambra. Elle possède de riches décorations et notamment un magnifique plafond de bois ouvragé, évocation des septs cieux de la création. Cette tour volumineuse qui apparait très menacante depuis le pied des remparts est en fait un palais et cela représente parfaitement le paradoxe de l'Alhambra : De l'extérieur elle apparait comme une forteresse austère mais elle est en fait une cité élégante.


 La cour des lions


Le palais des lions remonte certainement à la deuxième moitié du XIVe siècle de l'ère chrétienne. Il semble qu'il ait été conçu comme un édifice indépendant et ce n'est qu'à l'époque chrétienne qu'un passage fût ouvert vers les autres palais et notamment celui des Comares.

La cour des lions en constitue le joyau et représente l'apogée de l'art architectural musulman d'Espagne.
Les appartements du palais sont répartis autour de ce large patio bordé d'une véritable forêt de colonnes dont l'agencement et les portiques, répartis de manière très étudiée, créent un espace ombragé entourant la cour et les dissimulants.


La cour des lions tient son nom de sa fontaine centrale. Il s'agit d'une large vasque portée par douze lions stylisés. Un système hydraulique extrêmement ingénieux a été mis en oeuvre par les artisans musulmans afin de garantir un débit constant de la fontaine. Ce système a intrigué durant de nombreuses années les architectes chrétiens qui, semble-t-il, démontèrent la fontaine pour en connaître le mécanisme.

De la gueule des lions, sous la vasque décorée de vers poétiques, s'écoule l'eau vers quatres canaux symbolisant les quatres rivières du paradis et les quatres points cardinaux.
Il semble qu'à l'époque musulmane la cour n'était pas couverte de gravier comme de nos jours mais d'un jardin.


Des piliers de marbre d'une grande finesse élèvent les portiques extrêment ouvragés. Seuls, ou regroupés par deux, trois ou quatres, ces piliers supportent d'élégantes voutes à mouqarnas dont les pleins sont découpés comme de la dentelle fine.

Deux pavillons à portiques s'avancent dans la cour, se faisant face, donnant un forme de H à la cour et jouant dans la lumière d'une manière très esthétique...

 Le palais du Partal


Le palais du Partal est certainement l'un des plus anciens palais de l'Alhambra. On estime qu'il pourrait avoir été édifié au début du XIVe siècle de l'ère chrétienne.
Il ne subsiste de ce palais que ce corps de bâtiment très élégant, intégré dans le mur de la cité et surplombant les vieux quartiers de Grenade, la partie antérieure d'une demeure et la tour surnommée "tour des dames". Il ne reste ici que des vestiges de cet ensemble palatial et des fouilles archéologiques permettent d'imaginer le plan originel du quartier.
Ce palais qui possède un plafond de bois ouvragé se refléte dans un grand bassin rectangulaire entouré de jardins ombragés.

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